CONSEIL DE LA MÉTROPOLE
SÉANCE DU JEUDI 28 FÉVRIER 2019

 

Madame La Présidente,

Cher(e)s Collègues,

 

Lors de la précédente séance de notre Conseil, je n’ai pas pu avoir la parole.

Nous voulions demander le retrait d’une délibération portant sur ces deux lots d’éradication de l’habitat insalubre.

En effet notre assemblée n’a rien trouvé de mieux que d’approuver ce jour-là une dévalorisation sensible des crédits alloués aux deux lots d’éradication de l’habitat indigne (- 3,3 M€ pour le lot 1 et – 550.000 € pour le lot 2), sous l’explication – je cite  – « d’une étude plus fine permettant de réajuster la participation de la métropole ».

Nous avons voté Contre et vous avez bien voulu accepter d’inscrire au PV de séance mon intervention non réalisée.

Aujourd’hui la Métropole rétropédale et multiplie par 4 ou par 10 les crédits pour les 2 lots d’éradication.

Dont acte. On change d’optique et il y a toute une série de rapports en Bureau et en Conseil, qui renforcent la lutte contre l’habitat indigne et dégradé.

Cela tranche avec « l’autosatisfaction » plus ou moins revendiquée quant à l’action municipale sur le sujet.

C’est la reconnaissance implicite que peu a été fait ces 2 dernières décennies en la matière.

On sort du déni de réalité et on commence enfin à mettre en face plus de crédits, plus d’intervention publique et de synergie, plus de précisions des périmètres ; on expérimente enfin un permis de louer qui était une de nos premières propositions.

Mais ce n’est qu’un début, qui mérite beaucoup de vigilance et d’intervention citoyenne.

D’une part, on ne peut que regretter l’absence de décision de réquisition de logements vides pour répondre aux 2.000 personnes « délogés » en urgence et dont la situation n’est pas prête de s’arranger. Sans compter celles et ceux qui vont à leur tour être sur le coup de telles procédures.

D’autre part, on ne peut qu’être d’accord avec la mise en œuvre de synergies aux travers de conventions d’interventions foncières entre la métropole, la ville, l’établissement public foncier régional ou Euromed, pour recourir aux procédures de déclaration d’utilité publique, maitriser le foncier dégradé ou vacant et accélérer la mise en œuvre des travaux pour produire une nouvelle offre de logements.

Mais se posent deux questions : à qui est destinée la production de cette offre nouvelle de logements ? Aux résidents actuels en priorité ? Et quelle part de logements sociaux ?

Il conviendra de soutenir la vigilance des Marseillais pour que ces opérations se traduisent bien par une offre de relogement sociale, publique ou privée, et que les résidents actuels ou délogés en soient bien les prioritaires.

Des dizaines de milliers de personnes n’habiteraient pas en situation d’insalubrité et de danger potentiel, si l’offre de logements locatifs sociaux était suffisante et convenablement répartie sur tous les arrondissements de Marseille.

Ce n’est absolument pas le cas.

Et ce n’est pas ce que vise le PLUi mis en enquête publique qui nous éloigne au contraire de cet objectif, quand le seuil de déclenchement de la production de logements sociaux dans les projets immobiliers est fixé à 100 logements.

Les assises citoyennes de l’Habitat convoquées le 26 Mars apporteront certainement beaucoup de propositions.

Mais, au-delà de savoir qui pourra participer à ces assises, se pose la question de leur prise en compte, alors qu’il est prévu d’arrêter le projet de Plan Local de l’Habitat deux jours après au Conseil du 28 Mars.

Va-t-on enfin retrouver l’obligation des 25% de logements sociaux de la loi SRU à l’échelle de chaque arrondissement de Marseille ?

Enfin, Madame la Présidente, deux dernières questions :

En Décembre, vous avez annoncé la création d’une direction supplémentaire spécifique à l’habitat et au logement indigne pour y affecter 28 agents.

Où en est-on ? Est-ce suffisant en termes de moyens humains au regard de l’ampleur et l’urgence du chantier ?

Et quand allons-nous connaître l’inventaire des biens immobiliers et fonciers en possession de la Métropole via la SOLEAM, Marseille Habitat et autres concessionnaires ?

 

Marc Poggiale

 

 

Stratégie Territoriale de lutte contre l’Habitat Indigne et Dégradé
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