L’intercommunalité est devenue un acteur important pour le quotidien des habitants, du monde économique, de nos communes et pour l’avenir de l’aire métropolitaine que nous partageons. Pour le moment, elle n’a pas mis à mal le socle communal dont nous sommes issus.
En sera-t-il de même avec la Métropole à partir de 2016 ?

C’est un fait, dans la vie quotidienne les frontières communales n’ont plus le même sens aujourd’hui qu’hier, même si on reste attaché à sa commune.
C’est un autre fait de constater que notre aire métropolitaine est aujourd’hui en souffrance, malgré le dynamisme de nos populations et les atouts portuaires, logistiques, industriels, universitaires, scientifiques et technologiques, environnementaux et culturels.

Les réseaux de transports sont sous-développés et manquent de connexion. Le parc de logements publics et privés ne répond pas aux besoins de parcours résidentiels et de mixité sociale. Le développement économique ne résout aujourd’hui ni le chômage, ni la précarité. Les services publics s’affaiblissent et s’éloignent des lieux de vie.
Alors la question essentielle est la suivante : la loi créant la Métropole va-t-elle apporter une réponse aux besoins de notre territoire ?
Avec les 111 Maires au niveau du département dont 12 de notre intercommunalité, nous faisons partie des élu-e-s qui ne sont pas en accord avec ce qui a été proposé ou plus exactement dicté.

Pour nous, ce n’est pas l’uniformité, mais essentiellement la production de projets et de dynamiques locales qui, ensemble, fera Métropole.

Voilà pourquoi, la gestion du tout métropolitain doit impérativement préserver le champ d’initiative démocratique des communes.

La Métropole doit construire des espaces de solidarités et de péréquations entre les territoires qui la composent ; faire progresser la démocratie partout, en reconnaissant et faisant place à toutes les légitimités.

Et puis il y a l’État. Pour le moment il ne répond pas clairement sur la maîtrise du Plan Local d’Urbanisme, ne dit rien d’une refonte de la fiscalité locale et son engagement financier pour le rayonnement euro-méditerranéen dont nous avons besoin, n’est absolument pas à la hauteur.
Force est de constater que la réduction de la dépense publique et l’impératif de compétitivité se substituent de plus en plus au souci de l’égalité sociale et territoriale.
Travailler à une véritable construction alternative est la raison d’être de notre Groupe Pour un Territoire Solidaire.

Michel ILLAC
Président du Groupe