DÉCLARATION

 

En retirant son projet de Plan Local de l’Habitat (PLH), la métropole illustre une nouvelle fois son incapacité à se construire par un débat politique ouvert, préférant privilégier un faux consensus sur le dos de l’Etat.

Oui, l’Etat a sa part de responsabilité pour avoir imposé cette métropole et sans la doter de ressources, des équipements à la hauteur de ses compétences.

Oui, le gouvernement n’aide en rien quand il pousse les feux d’une fusion Métropole Département tout en repoussant le moment du projet et du calendrier.

Mais prétexter de ces constats pour retirer ce projet de PLH relève d’une volonté d’occulter tout débat sur la question essentielle qui plombe un développement inclusif et soutenable de notre métropole : celle des ségrégations sociales et territoriales.

Car le PLH est une des pierres angulaires pour aller ou non vers plus d’égalité et de solidarité pour ses habitants, ses forces vives, ses communes.

La « crise de l’habitat » est d’abord celle du logement social.

Alors que les ¾ de nos populations sont éligibles au Logement Locatif Social, seulement 9 communes et 6 arrondissements de Marseille ont une offre au dessus des 25% de LLS, tandis que 40 communes n’atteignent pas les 10%.

C’est le privé qui est le premier « logeur social », très souvent dans des conditions indignes. Le drame de la Rue d’Aubagne et la situation des délogés ont renforcé l’urgence des attentes.

Déjà, ce projet de PLH cherche plus à se conformer à la loi qu’à répondre aux besoins sociaux de logements. Mais en plus il n’y arrive même pas, par absence de solidarité territoriale dans des arrondissements Marseillais, comme dans certaines communes.

Il prévoit la construction de 5.380 logements sociaux par an, quand il faudrait en produire 6.675, seulement pour se conformer en 2026 à la loi SRU. Le delta étant renvoyé à une mobilisation volontaire de la métropole mais non territorialisée.

C’est très inquiétant vu les rejets dissimulés sous de faux prétextes.

Enfin, les programmes privés de construction collective dans le neuf visent surtout la profitabilité soit vers le haut de gamme, soit vers les petites surfaces pour les investisseurs.

Résultats : de nombreuses familles n’y trouvent pas leur compte, les nouveaux habitants potentiels non plus, les jeunes les étudiants encore moins.

Alors abordons le débat au lieu de l’occulter : faut-il mieux construire et pour tous, comme l’ont validé 22 communes et deux territoires en décidant d’aller au-delà des obligations légales y compris dans des communes non soumises à l’article 55 de la loi SRU ? Ou faut-il en rabattre vers un PLH moins permissif, en particulier pour le logement social ?

Tout nouveau report ne peut que mettre un peu plus à distance nos concitoyens de cette métropole.

 

Marseille, le 17 Mai 2019

Déclaration – Plan Local de l’Habitat (PLH)

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