CONSEIL DE LA MÉTROPOLE
SÉANCE DU LUNDI 19 SEPTEMBRE 2016

 

Monsieur le Président,

 

Au-delà de l’aspect purement technique de l’avenant qui enregistre le changement juridique de la société délégataire Q-Park, il y a le fond d’un projet voté il y a dix ans, contre lequel nos groupes successifs à MPM se sont prononcés et qui fait l’objet d’une vive contestation citoyenne.

Je ne vais pas refaire le débat que nous avons eu en conseil de territoire.

Ce que nos collègues des autres communes doivent savoir, c’est d’abord que ce projet de concession à Q-Park ne sera pas neutre financièrement pour la métropole, puisqu’il s’accompagne d’une subvention d’équipement au délégataire à hauteur de 46% du coût total de construction.

Soit une dépense qui pourrait avoisiner les 8 M€ actualisée.

La question posée à la Métropole est donc la suivante : sommes-nous d’accord pour dépenser 8 M€ pour un 20ème parking public en centre ville de Marseille ?

Pourquoi pas, si ça permet un transfert des déplacements vers les transports collectifs ou les modes doux.

Or, ce n’est pas du tout le cas de ce projet.

Sa localisation trop près du centre ville, à distance du réseau Tramway-Métro et la rentabilisation tarifaire envisagée par Q-Park n’en font ni un parking résident, ni un parking relais.

On ne ferait que rajouter 500 places de plus à une offre de stationnement des parkings publics existants dans le grand centre ville de Marseille de 13.000 places, auxquelles il faut ajouter prés de 3.000 places dans les parkings privés ouverts au public.

Donc 16.000 places disponibles, qui arrivent péniblement à capter en moyenne 8 ou 9.000 véhicules en journée et moins de 5.000 la nuit, vu les tarifs pratiqués par les délégataires.

Le premier effort à faire n’est pas de construire encore un parking de 500 places dans le périmètre centre ville, mais bien d’optimiser l’utilisation des parkings existants par une politique tarifaire accessible, notamment pour les résidents.

Par contre la priorité est bien de renforcer l’offre des parkings relais RTM pour favoriser le report modal vers les Transports Collectifs. Cette offre de 4.000 places est aujourd’hui très insuffisante.

Il y a même un terminus du tramway aux Caillols qui n’est toujours pas doté d’un parking relais ; ce qui a pour conséquence de transformer tout le quartier en vaste zone de stationnement anarchique et de limiter la fréquentation du tramway.

Enfin, il faut savoir que ce projet n’est pas, non plus, neutre écologiquement.

Qu’il s’agisse de 3500M2 ou de plus, sa construction amputerait l’unique poumon vert du centre ville – classé au demeurant – qu’est le Parc Longchamp et sa végétation exceptionnelle.

On ne peut pas avoir approuvé un SCOT respectueux de la biodiversité en ville et faire le contraire en plein centre.

Tout cela nous conduit à penser qu’il faut abandonner le projet tel qu’il est. Reporter la dépense sur d’autres priorités et mettre à l’étude la possibilité d’aménagement de petits parkings de proximité en surface ou en souterrain de projets immobiliers.

 

Vote Contre

 

Christian PELLICANI

 

Avenant contrat de concession Parking Longchamp-Cassini
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